La disparition de René Martin
Les fidèles lecteurs de ce blog savent que je n’ai jamais ménagé mes critiques à l’égard des programmations de René Martin. Et cela remonte à plus loin que ce blog puisque, à l’époque où je dirigeais Abeille Musique il y a vingt ans — et où nous entretenions avec le dessinateur Aurel une collaboration dont la mémoire me rend un brin nostalgique —, nous avions pondu à quatre mains cette gentille vacherie :
Pourtant, la manière dont René Martin a été évincé de toutes ses fonctions, consigné à domicile, puis prestement gommé du paysage — et bientôt de leur propre histoire — par tous ces événements qui lui doivent tout, laisse un goût amer. Il en va de même pour l’attitude de ceux qui, par le passé, sollicitèrent ses services de programmation, n’étant point fichus d’en élaborer une par eux-mêmes. Et ne parlons pas des artistes supposés lui rester fidèles qui, après avoir si maladroitement pris sa défense, manquèrent à ce point de suite dans les idées qu’ils n’osèrent point renoncer à leur participation à La Folle Journée 2026. Mais peut-être René Martin lui-même leur a-t-il suggéré d’honorer leurs contrats afin de ne pas saborder son œuvre, alors même que la structure était décapitée.
Une nouvelle direction artistique sera bientôt désignée. On n’attend guère des édiles de la Ville de Nantes, ni des collectivités locales, une nomination issue d’une consultation ouverte et rigoureuse, fondée sur une évaluation approfondie et renouvelée des projets. Non : ce seront les habituelles lubies sociétales, ce passage obligé pour obtenir l’onction des subventions, qui dicteront leur loi. L’audace et l’imagination artistiques seront, comme à l’accoutumée, reléguées au second plan.
L’originalité de La Folle Journée, reposait, qu’on aime ou pas, reposait sur la vision d’un homme ; et, je le répète, il n’était ni mon ami, ni…

Le mépris du contenu : l’édition phonographique numérique, comparée au livre
Comparez l’édition phonographique et l’édition de livres, tous styles confondus : vous conviendrez que cette dernière dispose de standards de présentation étendus à tous les catalogues, de Julien Gracq à la littérature “fantasy”, d’un statut éditorial qualitatif sur tout le spectre. Proposées en e-books, les œuvres littéraires sont toutes correctement présentées, avec leur préface, leur appareil de notes et un confort de lecture identiques à l’édition papier. C’est que l’édition de livres ne dégrade pas ses produits et ne déroge pas à ses standards au moment de les diffuser en version numérique.
D’où vient que, dans l’industrie du disque — alors que la musique est proposée en téléchargement ou en streaming depuis vingt ans —, il n’y ait toujours pas moyen de disposer, sur l’ensemble du catalogue, d’un standard de qualité identique à celui des CD ? Et ce, même quand — c’est encore le cas le plus fréquent — le CD existe, vient d’être produit, et que sa pochette et son livret viennent tout juste d’être créés. Aucun éditeur phonographique ne livrerait à la Fnac des CD dépourvus de pochettes et de livrets. En numérique, oui.
Regardons maintenant le genre classique et l’attitude de ses protagonistes, français en particulier. Il est, avec le jazz, le plus « nichard », en ce que la majorité de ses productions intéresse une minorité d’amateurs. Mais des amateurs bien plus internationaux que ceux de Vianney ou d’Arthur Teboul. Le genre classique est aussi le plus complexe : il faut se réjouir que, si l’on excepte bon nombre de livrets ridiculement narcissiques et ampoulés, la plupart d’entre eux proposent des textes musicologiques de bon niveau, parfois remarquables et très souvent indispensables pour comprendre ce que l’on va écouter. Les disques classiques sont, d’autre part, produits par des gens qui…
Quelques disques…
Il fut un temps où je bossais en musique, mais c’est bien fini : travailler sur un texte ou un dossier la chaîne hifi branchée m’embrouille la tête. J’ai pas mal travaillé ces derniers temps, j’ai donc peu écouté de musique, ce qui n’a pas amélioré le nombre des recensions de disques intéressants sur le site de Couacs !
Tout de même. Entre deux travaux et quelques silences forcés, la musique finit toujours par reprendre ses droits, et…
… du piano de Malofeev aux audaces électroniques du duo Vernet-Meckler, en passant par les archives miraculeuses de Shura Cherkassky ; de Roman Totenberg à Clara Haskil, et à la redécouverte de Charles de la Ferté et Edmond Dédé, je vous livre dans ce nouveau Disco Couacs quelques dernières découvertes. Un tour d’horizon subjectif, comme toujours. J’y dirai même du bien de… vous n’allez pas y croire !





