Au sommaire de ce numéro très spécial de COUACS INFO :
« Dernier Tango à Baden-Baden » : ARTE programme pour les fêtes de fin d’année une série en six épisodes consacrée à la vie et à l’œuvre de Pierre Boulez. Réalisée par Josée Dayan, elle bénéficie d’un casting exceptionnel.
Warner Caciques : Alain Lanceron est annoncé sur le départ mais, selon les dernières nouvelles, « celà s’annonce un peu plus compliqué que prévu ». Notre enquête exclusive.
En direct de Lille : Sofiane Pamart, double Médaille d’Or : de piano au Conservatoire, et de la Ville de Lille. Mais l’artiste est en butte aux actions de Richard Clayderman qui l’attaque à présent et exige devant la justice qu’il sois soumis à un test ADN…
Voilà un projet qui sent tout à la fois le soufre, le génie et le délire institutionnel. COUACS INFO a pu visionner la série en avant-première en compagnie de quelques confrères. Nos premières impressions.
L’œuvre explore la tension permanente entre l’ascèse intellectuelle de Boulez, ses écrits imbitables et les coups de sang qui ont emaillé sa carrière, de sa volonté d’anéantissement brutal des « compositeurs inutiles » à la solitude maniaque de Baden-Baden, jusqu’à ce triomphe architectural en forme bicorne qu’est la Philharmonie de Paris, hommage évident au Napoléon de la musique moderne.
Sous l’œil de Josée Dayan, le sérialisme ne s’écoute plus : il se regarde comme une matière charnelle. La caméra ne filme pas la partition, mais la vibration de l’air, la sueur du chef et le grain de la peau sous les projecteurs, transformant la précision du geste de Boulez — qui dirigeait sans baguette — en une caresse autoritaire sur le chaos sonore.
Chacun des six épisodes de la série porte le nom d’une pièce majeure du Maître, et explore une « cellule » de sa vie, filmée avec cette lenteur hiératique propre à la cinéaste. Ici, on ne suit pas une chronologie, on suit une structure.
Épisode 1 : Notations – La jeunesse incendiaire
Boulez (Mathieu Amalric) échange un premier regard avec Jean Barraqué sur un accord de quarte, truffe les devoirs qu’il rend à Olivier Messiaen de quartes augmentées (le fameux intervalle du Diable, ou Diabolus in Musica) ; brûle des partitions de la bibliothèque de la rue de Madrid sur les marches du métro Rome.Épisode 2 : Le Marteau sans maître – Le triangle amoureux et esthétique
La tension monte à Darmstadt ! René Leibovitz (Christoph Waltz) exige une soumission totale à la série, force le jeune Boulez à écouter son nregistrement de Le Belle Hélène pour lui montrer ce qu’est une “structure dépouillée de gras romantique”. Boulez lui répond par une gifle théorique.
Épisode 3 : Pli selon pli – L’exil à Baden-Baden
Mallarmé lu dans le brouillard de la Forêt-Noire. Le majordome (Lambert Wilson) repasse les chemises blanches du Maître avec une ferveur torride, pour ainsi dire érotique.
Épisode 4 : Structures I & II – Le duel institutionnel
Face-à-face d’anthologie entre Boulez et Marcel Landowski (joué par Fabrice Luchini, admirable) dans les couloirs feutrés du Ministère. Boulez lui arrache des mains la partition du film Gigi et lui lance : “ Marcel, votre… (…)
Succession mouvementée chez Warner Caciques
À compter du premier janvier 2026, Alain Lanceron a été nommé « Président émérite » de Warner Caciques & Erato, a annoncé la firme.
Personnalité incontournable du disque classique en France depuis 1972, Alain Lanceron continuera pourtant deux ans de plus à « accompagner » anciens collaborateurs et successeurs. D’après les informations recueillies par Couacs Info, ces derniers, excédés, voyaient d’un mauvais œil la persistance d’un mentor qui n’a jamais voulu prendre le virage numérique, qui n’utilise aucun service de streaming et utilise toujours ses microsillons usés pour écouter et réécouter le grelot de Mady Mesplé, celle qui fut jadis sa muse et à qui il doit ses débuts dans le métier.
« Mais enfin, notre chiffre d’affaires avec les CD est encore important ! Le CD n’est pas mort ! Et vous voyez bien ce que j’ai toujours dit se confirme : le microsillon revient », a-t-il encore proféré la semaine dernière au cours d’une réunion commerciale.
Pour acter de son retrait, un pot avait été organisé par ses collègues dans les bureaux lumineux de chez Warner, dessinés par l’architecte Renzo Piano, afin de l’aider à atterrir dans sa nouvelle vie et lui faire réaliser que les choses ne seraient plus jamais les mêmes à l’avenir entre lui et eux. Des cadeaux lui ont été offerts : un abonnement à vie à Deezer Premium, une clé USB avec l’intégrale Mady Mesplé en 24/192 son multicanal, et un Minitel, qui sera son premier contact avec l’informatique : il s’agit de ne pas agir avec précipitation et de lui éviter un choc. On a auparavant longuement analysé le fameux film Good Bye, Lenin! pour essayer de penser à tout. Le fidèle B.C., dans un discours remarqué et extrêmement émouvant, a salué, les larmes aux yeux, ce « grand fauve, phare de l’immobilisme » encore capable…
Michto-classique : l’épopée extraordinaire de Sofiane Pamart, le pianiste qui nous les brise menu
Sofiane Pamart est né à Hellemmes, près de Lille, où il a fait ses études. L’épopée lilloise de l’artiste constitue désormais une légende urbaine où le prestige relatif d’une Médaille d’Or de piano obtenue en 2013 (qui sert généralement à accéder à un cycle de Conservatoire supérieur et non à l’Accor Arena) se confond au bling-bling le plus débridé.
Le Conservatoire de Lille à la suite a annoncé frapper un grand coup en agençant, au Nouveau Siècle en cours de rénovation, l’Espace Sofiane Pamart, une salle de solfège révolutionnaire, immersive, strictement réservée aux élèves incapables de plaquer plus de trois accords sans s’emmêler les phalanges. Flatté, le virtuose a gratifié l’établissement, en guise de remerciement, d’un buste à son effigie en plaqué or massif, doté d’un capteur de mouvement qui déclenche une version trap de la Lettre à Élise dès qu’un étudiant s’approche, faisant vibrer les murs à grands coups de basses 808 et de hi-hats frénétiques.

Pourtant, derrière le faste des kimonos, les archives du conservatoire de Lille qu’a pu consulter le service investigations de COUACS INFO révèlent un portrait nuancé. D’anciens professeurs affirment que Sofiane n’a en vérité jamais vraiment dompté la clé de fa, préférant de beaucoup se concentrer sur l’agencement de ses bijoux. Les notes attribuées à l’occasion de son examen de sortie auraient d’ailleurs été pour certaines cruelles, décrivant un élève doué pour l’esthétique mais souffrant d’une amnésie totale de la main gauche. La mention manuscrite d’un certain JCC, membre du jury, indique : « Produit des mélodies qui seraient adaptées aux attentes téléphoniques de l’hôtel de Région - en parler à XB. » (…)
Le Syndicat international des boîtes à musique a porté plainte contre Sofiane Pamart pour « concurrence déloyale ». Interrogé sur les succès de Sofiane, son Président, le pianiste Richard Clayderman, immortel interprète de Ballade pour Adeline et jadis surnommé par Nancy Reagan le « Prince of Romance », connu pour ses pulls de ski pastel des années 80, a demandé que Pamart se soumette à un test ADN. Il affirme que Sofiane est son fils, envoyé par les extraterrestres pour conquérir le monde du streaming, et exige de toucher les redevances SPPF pour copie privée sur ses ventes d’albums, accusant le jeune artiste de plagiat…
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