Michto-classique : l’épopée extraordinaire de Sofiane Pamart, le pianiste qui nous les brise menu
Edition spéciale - Mercredi 1er avril 2026
Sofiane Pamart est né à Hellemmes, près de Lille, où il a fait ses études. L’épopée lilloise de l’artiste constitue désormais une légende urbaine où le prestige relatif d’une Médaille d’Or de piano obtenue en 2013 (qui sert généralement à accéder à un cycle de Conservatoire supérieur et non à l’Accor Arena) se confond au bling-bling le plus débridé.

Si le jury de l’époque avait validé par cette médaille d’or tant vantée son Ravel et son Chopin, la ville de Lille a scellé un pacte avec Sofiane Pamart en février 2025 en lui remettant une nouvelle Médaille d’Or : celle de la ville, médaille nettement plus assortie à ses bagues qu’à son piano.
Le Conservatoire de Lille à la suite a annoncé frapper un grand coup en agençant, au Nouveau Siècle en cours de rénovation, l’Espace Sofiane Pamart, une salle de solfège révolutionnaire, immersive, strictement réservée aux élèves incapables de plaquer plus de trois accords sans s’emmêler les phalanges. Flatté, le virtuose a gratifié l’établissement, en guise de remerciement, d’un buste à son effigie en plaqué or massif, doté d’un capteur de mouvement qui déclenche une version trap de la Lettre à Élise dès qu’un étudiant s’approche, faisant vibrer les murs à grands coups de basses 808 et de hi-hats frénétiques.
Pourtant, derrière le faste des kimonos, les archives du conservatoire de Lille qu’a pu consulter le service investigations de COUACS INFO révèlent un portrait nuancé. D’anciens professeurs affirment que Sofiane n’a en vérité jamais vraiment dompté la clé de fa, préférant de beaucoup se concentrer sur l’agencement de ses bijoux. Les notes attribuées à l’occasion de son examen de sortie auraient d’ailleurs été pour certaines cruelles, décrivant un élève doué pour l’esthétique mais souffrant d’une amnésie totale de la main gauche. La mention manuscrite d’un certain JCC, membre du jury, indique : « Produit des mélodies qui seraient adaptées aux attentes téléphoniques de l’hôtel de ville - en parler à Martine. »
Dans la foulée, le Conservatoire de Lille, inspiré par son rejeton, a créé un nouveau diplôme : le « Diplôme Supérieur de pose devant un piano sans forcément s’en servir » . Au terme d’un cursus rigoureux, prévoyant dix heures intensives sur le drapé du kimono et cinq heures sur la gestion du regard ténébreux face à l’objectif, l’élève bénéficie d’un enseignement de la pratique musicale, en option facultative de quinze minutes.
L’École Normale de Musique de Paris quant à elle, toujours attentive aux nouvelles tendances, a decidé de créer une chaire de piano néo-classique confiée à Sofiane Pamart. La direction des études en sera confiée à Stéphane Friedrich.
Parfois brocardé par les jaloux de sa réussite, loin de s’offusquer, le gentil Sofiane Pamart assume son virage minimaliste après Chopin et Ravel. Et c’est dans la capitale de la Flandre française qu’il a choisi de révéler le lancement de son album conceptuel “Chicons et Chandeliers” : dans cet opus dédié à ses racines nordistes, il réinvente le P’tit Quinquin avec une économie de moyens déconcertante, utilisant un seul doigt et une pédale de réverbération poussée au maximum pour suggérer la profondeur métaphysique.
Mais Sofiane peut aussi se révéler un vrai caractère de rebelle. Il a brutalement annoncé au quotidien La Voix du Nord son intention de rendre tous ses diplômes, jugeant ses anciens titres « trop complexes » et encombrants pour sa trajectoire actuelle, préférant se consacrer à l’art du dépouillement, laisser derrière lui sans regrets des professeurs trop nostalgiques d’une époque où il utilisait encore ses deux mains pour jouer de la musique.
Déboires juridiques et analyses ADN…
Le Syndicat international des boîtes à musique a porté plainte contre Sofiane Pamart pour « concurrence déloyale ». Interrogé sur les succès de Sofiane, son Président, le pianiste Richard Clayderman, immortel interprète de Ballade pour Adeline et jadis surnommé par Nancy Reagan le « Prince of Romance », connu pour ses pulls de ski pastel des années 80, a demandé que Pamart se soumette à un test ADN. Il affirme que Sofiane est son fils, envoyé par les extraterrestres pour conquérir le monde du streaming, et exige de toucher les redevances SPPF pour copie privée sur ses ventes d’albums, accusant le jeune artiste de plagiat.
Navré, Sofiane Pamart a annoncé hier, à la consternation générale, qu’il arrêtera le piano après son concert au Stade de France en avril 2027. Il aurait enfin trouvé « l’accord parfait » : en fait, un accord de sponsoring avec une célèbre marque de bougies parfumées.
Son dernier album ne contiendra aucune note ; juste le bruit de ses bagues tapant sur le bois du piano. Le dépouillement le plus total.


