Couacs a reçu sa première lettre d'avocat

(Il fallait bien que ça arrive...)

Les lecteurs de COUACS se souviennent peut-être que j’ai publié récemment un article consacré à l’INA, titré “Après l’ENA, ne faudrait-il pas, aussi, démanteler l’INA ?”


J’y pointais entre autres la situation assez désespérante du site Madelen.fr un an après sa création. Je ne sais plus comment j'avais repéré sur Twitter le nom du responsable de cette réalisation, Antoine Bayet. Je le nomme sans trop hésiter car, on le verra, il est fier de son travail : autant le mettre à l’honneur.


Taquin, je lui pose une question sur Twitter : " Bonjour ! Une question pour dénoncer les affreux : " @madelen-ina : vous y êtes pour quelque chose ? "
À quoi il me répond : " ... et je le revendique ! [ ici son adresse mail] si vous voulez engager l'échange “ .

À quoi je lui rétorque par un autre tweet, selon lui litigieux, que je ne reproduirai pas ici, flanqué d’un smiley pour bien insister sur le fait que c'est l'exagération d'un sentiment. En substance, je lui dis, histoire d’engager l’échange sur une bonne base, que je me défoule d’abord en lui signifiant toute la rage, la frustration accumulée par un utilisateur de Madelen depuis le lancement de cette plateforme il y a un an.

À quoi il me répond par un tweet offusqué : “ Je ne suis pas sûr de trouver cela drôle. Du tout. " . S’ensuit une lettre de son avocate, reçue avant-hier, qui m’accuse de propos visant à intimider son client, en soulignant que je risque pour prix de ma blague trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende si elle porte l’affaire en justice au cas où je ne retire pas le post incriminé dans les 48 heures.

J'ai donc obtempéré sous moins de 48 heures et retiré de Twitter le post qui fâche.

J'ai surtout été terrifié, en vérité, par le prénom de l’avocate : Cosima !
Cosima Wagner fut, comme on le sait, la très méchante femme de Richard, après avoir été la négligente fille de ce pauvre Franz Liszt, mort presque par hasard à Bayreuth, un génie qu'elle réussit à assigner là à résidence, après sa mort, à perpétuité, dans l’ombre de son grand homme à elle ! Et puis, que voulez-vous, la vie d’Oscar Wilde m’a fait comprendre qu’on peut finir au bagne, ruiner sa vie et sa réputation : prudence, donc !

Si Antoine Bayet l'avait pris de moins haut, il eut été sans doute intéressant de dialoguer avec lui, ici, sur le pourquoi du comment de Madelen.fr ; pourquoi cette plateforme est-elle si mal fichue, tant au plan rédactionnel que technique ; et pourquoi, surtout, est-elle si pauvre en archives classiques précieuses et innombrables de l’audiovisuel du service public dont l'INA a l'exclusivité, pourquoi donc les met-elle si peu à la disposition des amateurs, même disposés à payer un abonnement chaque mois.

Mais on y reviendra.

Peut-être faut-il quand même reprendre espoir : l’Ina recherche maintenant à l’Antoine son successeur, car il va monter en grade.

J’encourage tous les talents à postuler à cette annonce : on a vraiment besoin que Madelen s’améliore. Mais on vous aura prévenu : c’est un poste dont le “N+1” semble assez susceptible. J’aurais bien eu des idées d’améliorations pour Madelen, mais je crains qu’il soit inutile d’envoyer mon CV : j’y suis clairement tricard !


PS - Toujours soucieux de faire à Madelen la meilleure publicité et parce que je suis un gentil garçon malgré les apparences, je signale que vous disposez actuellement d’une offre d’essai à € 1 sans engagement, pour vous faire votre idée.