Pour comprendre un peu mieux la nouvelle donne de la musique en ligne...

Philippe Astor, dont j’ai déjà évoqué le blog Music Zone, propose cette semaine une longue rencontre et interessante vidéo avec Pascal Bittard, le patron de IDOL, distributeur numérique français créé qu’il a créé une quinzaine d’années.

Cet entretien survole tout ce qui fait le nouveau métier de la distribution numérique aujourd’hui : une bonne petite remise à niveau généraliste, si vous n’y entravez que pouic !

Tout n’est pas pertinent ici, en revanche selon moi, pour qui est concerné avant tout par la musique classique ou les musiques spécialisées, leurs problématiques et leur modèle économique.

La vision de Bittard est très orientée pop et variétés (ce qui n’est pas une honte, mais un fait). En particulier, je ne suis pas du tout d’accord avec certaines conclusions et affirmations, essentiellement parce que Pascal semble ne pas considérer, lui non plus, hélas, que la segmentation de la distribution est un élément clé à considérer enfin, qui a suscité des erreurs et même des fautes gravissimes depuis que la musique numérique payante s’est développée. Par exemple, son fatalisme et son indulgence à l’égard du freemium autrefois ou aujourd’hui me semblent une erreur persistante ; de même que son fatalisme à l’’égard de YouTube.

Je crois vraiment que l’avènement du streaming fait diverger les modèles de distribution, car tant la vente de supports physiques ou même de téléchargement à l’acte permettait de maintenir un modèle économique de base pour l’ensemble de répertoire : la vente à l’acte par le producteur, de son travail à un prix maîtrisé.

Cela dit, je trouve presque choquant que ne soit pas même prononcé le mot “classique” à aucun moment lors cet entretien, alors que, parmi les genres dits “spécialisés” le classique était le rayon le plus rentable au prorata dans les magasins, et y réalisait plus que le jazz et la World en % aux temps du CD. C'est vraiment, encore une fois, un aveuglement de professionnel formé à la pop, de la part d'un distributeur numérique qui a commercialisé toutes ces dernières années les labels du Groupe Outhere (Alpha Classics etc.) Et pas mal d'autres bons labels classiques.

Il reste que cet entretien est vraiment passionnant, prenez le temps de l’écouter du début à la fin si ces problèmes essentiels du présent et de l’avenir de la distribution de la musique vous intéressent : vous y trouverez des clés de compréhension.