NOUVEAUTÉS DISCOGRAPHIQUES - 13/21

Les “vraies” nouveautés du vendredi 12 n’étaient guère nombreuses ; celles du vendredi 19 seront elles, abondantes…


Le pianiste Daniel Isoir est le fils d’André Isoir. Il rend hommage à son organiste de père, récemment disparu, en enregistrant à son tour pour le label belge MUSO un disque César Franck, musique dans laquelle nous dit-il, il a baigné toute sa jeunesse. Mais ce disque possède deux caractères assez marquantes.

D’une part, le jeu de Daniel Isoir est d’une vigueur, d’une sauvagerie presque, très convaincantes et qui nous changent bien d’une certaine emphase habituelle. Le texte de la pochette nous le rappelle : “Franck avait tout pour réussir comme pianiste : un père à l’ambition démesurée pour sa progéniture ; un prénom d’empereur (César Auguste) ; des mains aux doigts interminables ; une technique transcendante, et le soutien de Franz Liszt. Tout ! Tout, sauf le charisme du virtuose : [ il était ]une sorte de commis aux écritures aux yeux doux, affublé d’un accent liégeois, qui en 1846 va « craquer » et s’effacer de la scène”. Il n’empêche, ce disque sait nous rappeler que Franck était un pianiste.

D’autre part, Isoir joue un piano Piano Érard de 1873. Je ne sais que penser, franchement. Je suis un adepte des pianos anciens sous réserve que la beauté des timbres soit au rendez-vous. Je ne suis pas fou de celui là, que je trouve assez dur et claquant, ni du parti-pris de la prise de son. Il reste que le pianiste est totalement convaincant, et qu’il manie admirablement le vieux bolide. Je reviendrai quant à moi souvent à ce disque. Vivement recommandé !


La pianiste turque Zeynep Ucbasaran joue bien, mais ce disque, on l’aura compris, vaut aussi par son prétexte fascinant. Je savais que Liszt était un remarquable commercial pour la vénérable Maison Erard et son propriétaire Sébastien, remarquable chevalier d’entyreprise avec lequel il se lia d’une amitié indéfectible à son arrivée à Paris. Sébastien n’hésitait pas à envoyer ses pianos très loin pour un récital du Maître : signés par lui, ils trouvaient toujours acquéreur et il n’était pas besoin de les rapatrier !

Le programme de ce disque, qui comporte aussi un texte de livret bien intéressant, bourré d’informations, reprend une sélection d’œuvres que Liszt joua lors de ses récitals à Istambul en 1847. Seul regret, pour le coup… c’est que Madame Ucbasaran y joue un Steinway ! Hélas, à la manufacture du 13 de la rue du Mail il ne se trouve plus personne pour lui faire livrer un piano…


Encore un très bon disque publié sous étiquette Pacassaille. Alessandro Palmeri y présente une sélection d'œuvres de la production archaïque pour violoncelle, en fait le moment ou le violone a laissé la place au violoncelle, où l’instrument a brisé ses chaînes en sortant du rôle du continuo auquel il était restreint. attention : point de Corelli dans ce disque mais des œuvres rares de Boni, Colombi, Gabrielli, Lulier et Vitali


On sait gré au label du Printemps des Arts de Monte Carlo de publier un tel disque. Mais, Bon Divine ! Leur photographe est un pervers qui semble terroriser les artistes et en livre des portraits effarés. Après avoir récemment transformé Philippe Bianconi en vieux monsieur, Aline Piboule parait avoir été possédée ici par on ne sait quel démon : la rétine épatée, elle semble sortir d’une bataille intergalactique. Pour le reste, qui est le plus important sans doute, elle offre un programme comme on aimerait en voir plus souvent, entièrement français, de quatre compositeurs plus ou moins documentés déjà. et dont il faut jouer et jouer encore la musique, et pas seulement au disque. Dommage que l’éditeur ait négligé de fournir aux plateformes de musique en ligne le livret numérique. Mais l’artiste a bien voulu nous l’adresser.


Tiens, un disque de crossover ! Oui mais, si bien fait… Vous vous souvenez peut-être de “Beatles Goes Baroque”, ce disque paru il y a 30 ans qui avait remporté un succès considérable. Le slovaque Peter Breiner en était le maître d’œuvre, qui avait composé en quelque sorte de nouvelles Quatre Saisons de Vivaldi, dont chaque mouvement empruntait son thème à une chanson des Beatles… Le genre ici est très différent et je dirais, autrement périlleux. Vous savez bien ce qu’est la mauvais musique d’ascenseur. Et bien : imaginez qu’on puisse en faire de la bonne. Le talent de Breiner fait penser aux meilleurs maîtres française de la musique légère des années 50 à 70. Enregistré avec les musiciens du Royal Philharmonic.


Pré-écoutes

L’album intégral sortira le 26 mars. En attendant, un extrait de la Quatrième Sonate. On connait les admirateurs de Viktoria : ils sont à cran !


Nouvelle signature DG semble-t-il de la harpiste colombienne Magdalena Hoffmann, harpiste solo à l’Orchestre de la Radio Bavaroise. Petit extrait en avant-première de son disque à paraître