MUSIQUE EN IMAGES (X)

Un panorama original de musique à regarder, de documentaires ou de documents d'archives

Si la soirée d’ouverture de la nouvelle chaîne de télévision “culturelle” de France Télévision CultureBox n’a pas répondu à vos attentes, il est probable que les suivantes ne vous satisferont pas non plus. Il vous reste à faire d’autres choix sur Internet pour animer vos soirées. Par chance COUACS est là, qui essaie de sortir ses radars hors de France et des rendez-vous convenus, pour vous suggérer des directs, des captations différées ou des documentaires intéressants.


On commence cette chronique par le pianiste français Cédric Tiberghien qui a pas mal de chance avec nos amis anglais, qui l’aiment beaucoup. En particulier, il est un invité régulier de Wigmore Hall, la Salle Gaveau londonienne dont j’ai déjà dit ici tout le mal que je pense de sa programmation de concerts sur le web !

Vous pouvez revoir ce récital tout frais diffusé le 1er février, au programme parfaitement original intitulé “Variations”, consacré à Schumann, Beethoven et Webern. Vous trouverez tous les détails sur le programme sous le player YouTube. C’est gratuit, mais n’oubliez pas, si vous le pouvez, de contribuer aux efforts de Wigmore Hall en faisant une donation, ils le méritent.

Il y a quelques temps Cédric Tiberghien avait déjà donné un récital de variations à Wigmore Hall, un genre qui apparemment le travaille. Au programme de ce concert-là il jouait Beethoven, Morton Feldman, John Cage, George Crumb… Vous pouvez revoir ce récital ici :

Le Nash Ensemble à qui nous devons tant de beaux disques ne se produit pas souvent en France. Ces gens ont toujours délivré, loin de tout vedettariat, de la musique, bien jouée, que ce soit dans le grand répertoire ou les répertoires moins connus. Allez donc faire un tour sur leur discographie !

Créé en 1964 à la Royal Academy of Music The Nash Ensemble est un groupe de musique de chambre à géométrie variable, selon les besoins des œuvres. Les membres de l’ensemble ont changé au fil des années, mais l’esprit est toujours là. Pour le concert qui sera diffusé lundi prochain 8 février à 19 heures 30 (heure de Londres, c’est-à-dire 18 heures 30 chez nous) et disponible ensuite en différé, les Nash ont choisi de jouer le Deuxième quatuor avec piano de Dvořák et le Quintette “La Truite” de Schubert.

J’en termine avec Wigmore cette semaine, en recommandant pour qui sait lire l’anglais, de lire une intéressante interview récente de son directeur John Gilhooly parue dans le Financial Times : une autre manière de faire qu’en France, et un parler franc et honnête.


Semyon Bychkov est à mi-mandat de ses fonctions à la Philharmonie Tchèque, cet admirable orchestre. Dans sa salle du Rudolfinum de Prague, l’orchestre donnera un concert confiné, sans public, jeudi prochain le 4 février, qui sera retransmis en direct sur Facebook. Vous n’avez pas besoin d’avoir un compte Facebook pour le regarder. Au programme, la Troisième symphonie, “Écossaise” de Mendessohn, et le Concerto pour deux pianos du compositeur américain Bryce Dessner avec en solistes Katia et Marielle Labèque, qui en furent les créatrices, et les dédicataires en 2018. “Bryce nous a écrit un magnifique concerto, qui est devenu l'un des concertos préférés de notre répertoire ! Son style est unique : Dessner a une connaissance si large de tant d”univers musicaux, qu’on peut entendre tous dans ce concerto. " disent les solistes avec lesquelles chaque concert est une aventure ! À ne pas manquer. C’est gratuit.


Vous vous souvenez peut-être que Arièle Butaux, jadis productrice à France Musique, y proposait une émission appelée “Un mardi idéal”. Elle n’est plus à France Musique mais continue avec sa bande d’amis musiciens la formule, et proposera elle aussi un “live” le mardi 9 février à 19 heures 30 depuis Meudon, dans ce studio d’enregistrement bien connu des musiciens de jazz et de classique.

Désormais cela s’appelle “Le Salon Idéal”. On y entendra et verra, en direct sur le site de RecitHall cette fois Marion Rampal (voix), Irina de Baghy (mezzo-soprano) , Louis Rodde (violoncelle), Pierre-François Blanchard et Gwendal Giguelay (piano), Matteo Pastorino (clarinette basse). Au programme : Fauré, Bizet, Piazzola, Weill, Poulenc, Chopin, des compositions personnelles... Participation libre, si vous le souhaitez.


Petit coup de projecteur sur un jeune violoniste très exceptionnel, David Castrobalbi. Retenez bien son nom ! Quoique, il ne manquera pas de se rappeler à vous de toutes façons. Et partez à la recherche de ses vidéos sur la toile. Vous verrez qu’il décoiffe pas mal Mozart, dans sa dernière vidéo. Intelligence musicale, audace, et, surtout, surtout une véritable “signature sonore”, celle d’un grand. Il a récemment publié un disque consacré à Johann Evangelist Brandl. OK, mais maintenant on attend du plus lourd David !


L’Orchestre du Festival de Budapest, dirigé par Ivan Fischer propose lui aussi sur son site, avec ou sans lui, des retransmissions en direct, solistes ou concerts symphoniques transmis depuis la belle salle du MUPA à Budapest.

Le 6 février sera une journée-festival proposant plusieurs concerts à regaRder en direct et gratuitement.

Je vous recommande, le récital de piano du remarquable Gergely Bogányi dans un programme tout Liszt assez redoutable ! C’est à 10 heures du matin.

L’Orchestre du Festival de Budapest accueille aussi d’autres orchestres hongrois, et le concert du 6 février donné en direct, celui là en matinée à 13 heures présentera le MÁV Szimfonikus Zenekaré (Orchestre symphonique de Budapest MÁV). Il vous intéressera de savoir que cet orchestre fut créé en 1945 par les Chemins de fer hongrois. Mais attention, c’est un orhetsre du plus haut niveau, qui s’est produit un peu partout et a joué sous la direction de chefs tels que János Ferencsik, Kurt Masur, Herbert Blomstedt et Charles Dutoit et pas mal d’autres.

Pour son concert du 6 février le MÁV Szimfonikus Zenekaré accueille, encore pour un concert Liszt, pour le Premier concerto pour piano le pianiste hongrois Zoltán Fejérvári que j’aime beaucoup, sous la direction du chef titulaire Daniel Boico. Il faut dire que en Hongrie, la musique… bref. Pour vous donner envie d’écouter ce concert, je vous mets une vidéo de Zoltán Fejérvári dans quelques Préludes de Chopin.

Et enfin, à 19 heures, ce 6 février musical en direct de Budapest se terminera avec un Harold en Italie de Berlioz, interprété par le “Pannon Philharmonic Orchestra”, honorablement connu jadis comme Orchestre Symphonique de Pecs. Mais, que voulez-vous, il semble que Pannon soit une firme de téléphonie mobile locale… En soliste, le violiste Máté Szücs.


J’ai récemment évoqué dans la rubrique COUACS des nouveautés discographiques le premier disque BIS du jeune baryton britannique James Newby. Et bien voilà, grâce au site de la ElbPhilharmonie à Hambourg, l’occasion d’entendre ce récitaliste très attachant et tellement musicien, en concert. Au programme, Six Lieder de Clara Schumann et les Kerner-Lieder de Robert. Au piano, Marcelo Amaral.


Herbert Blomstedt, 93 ans, superbe, continue de chérir l’Orchestre de la NDR dont il était devenu le chef en 1995, et qu’il revient régulièrement diriger. Comme par exemple le 11 décembre dernier. Au programme ce soir là : le Concerto KV 595 de Mozart et la Huitième symphonie de Schubert. On sait que les symphonies de Schubert constituent pour Blomstedt une sorte de mission. Il les a toutes enregistrées à Dresde à l’époque de la RDA, et a ré-enregistré certaines d’entre elles à Chicago pour Decca plus tard. Dans le concerto de Mozart c’est l’éloquent et classieux Francesco Piemontesi qui est à l’œuvre, et son entente avec le chef est remarquable. Un beau concert.


Voilà un concert en grande partie consacrée à la musique du compositeur Helmut Lachenmann, notre contemporain, qui devrait vous fasciner et vous amuser quand bien même vous pensez ne pas aimer la musique moderne !
Le concert a été organisé par l’Orchestre de la Südwestrundfunk à la Liederhalle de Stuttgart le 18 septembre 2020 pour célébrer son 85ème anniversaire. Il faut dire que l’affiche est assez extraordinaire, avec la violoniste Patricia Kopatchinskaja, géniale, le chef Teodor Currentzis, qui ne l’est pas moins, et le compositeur lui-même en tant que récitant dans la première pièce, “… Zwei Gefühle …”, Musik mit Leonardo. Vous pouvez ici télécharger le programme complet (en allemand) mais c’est quand même utile. Le concert est excellemment filmé et suit les solistes de manière idéale. Il faut dire aussi qu’il s’en passe des choses, dans l’orchestre ! Les musiciens en sont très sollicités vous verrez, et le piano prend cher ! Un très bon moment, croyez-moi, allez-y.


Arte.TV a récemment diffusé et maintient en Replay un documentaire très réussi, “Un opéra pour un Empire”, qui relate la construction de l’Opéra Garnier, qui s’étala sur une quinzaine d’années. Si vous l’avez manqué, vous devriez y jeter un coup d’œil. Vous avez le choix ; sur le site et les applis de Arte, et sur YouTube avec le lien plus haut.


Sur Madelen, le site payant de l’INA (mais vous avez un mois gratuit pour commencer) deux films de François Reichenbach à voir. Le premier, consacré à Alexis Weissenberg, beau et si touchant. Pour tout dire, avec le recul, le voir parler et jouer (si bien !) me plonge dans une vraie tristesse. Cet homme était fascinant et tellement juste et moderne, médiatique, bien sûr mais dans les vedettes il faut savoir faire la part entre le vrai et le faux.

Dans cette même série de films de François Reichenbach, Lettres de Paris et d’ailleurs”, un autre numéro est un produit un peu étrange qui ressemble à une dérive du cinéaste dans Paris, où il rencontre des artistes (Arthur Rubinstein) et des personnalités (un pêcheur…). Le film regorge de jolies images de jeunes parisiens sexy à la mode de 1975, sur lesquels François Reichenbach attarde volontiers sa caméra de manière me semble-t-il assez homo-érotique… mais ce n’est pas désagréable ! Comprend une longue interview de Rubinstein, bien sûr instructive et amusante. Je ne me souviens plus dans quelle mesure cette interview est issue de “tombées” du film que François Reichenbach avait consacré à Rubinstein “L’Amour de la vie”, ou bien d’un tournage spécifique. Très bien, quoi qu’il en soit.