MUSIQUE EN IMAGES (VIII)

Samedi 9 janvier 2021 - Chaque samedi, retrouvez ici une sélection variée d’images musicales animées, récentes ou anciennes : concerts, documentaires, des jeunes, des vieux — bref, de l'émotion.

András Schiff : récital le 7 janvier 2021 à Wigmore Hall

Je vous avais informé à l’avance de ce concert d’Andràs Schiff donné il y a quelques jours à Wigmore Hall à Londres, “sa salle préférée”, dit-il dans l’introduction. Le pianiste hongrois, qui vit à Londres, commente chaque œuvre. Si vous n’y comprenez rien, apprenez l’anglais : quand on aime la musique classique, il va falloir savoir le parler dans le futur ! Ce récital entièrement consacré à Bach fait partie de la remarquable série des concerts sans public proposés en vidéo par le directeur de Wigmore Hall, John Gilhooly, en direct et en replay (30 jours). Tout cela a lieu parce que la salle avait depuis longtemps anticipé, elle, une politique audiovisuelle.

Programme :

  • Capriccio “Sur le départ de son frère bien-aimé”, BWV 992

  • Sinfonia No. 5, BWV 791

  • Sinfonia No.9, BWV 795

  • Fantaisie chromatique et fugue, BWV 903

  • Concerto Italien, BWV 971

  • Ouverture à la française, BWV 831

    Il y avait en bis l’Aria des Goldberg mais il a été coupé pour les rediffusions…

Le visionnage est gratuit mais vous êtes invités à contribuer par quelque somme que ce soit. Si vous considérez que Wigmore Hall est une salle privée qui compte essentiellement sur ses spectateurs et ses sponsors pour boucler son budget… Comparez à ce que vous proposent les salles françaises gavées aux subventions en solutions de secours pour faire travailler les artistes en ce moment en matière de solistes et de musique de chambre en vidéo… Et surtout regardez les répertoires et les ensembles proposés ! Ici Schiff est un nom international, certes, mais dans la programmation de ces “live” il y a de jeunes artistes, des programmes audacieux, de la musique moderne etc.

Par exemple, ce récital de la jeune mezzo macédonienne Ema Nikolovska accompagnée au piano de l’impeccable Malcolm Martineau. Mélodies de Schubert, de Dvořák, de Vítězslava Kaprálová, Deux mélodies Op. 41 de Britten, et pour finir cinq chansons “publicitaires” de Nicolas Slonimsky ! Slonimsky, un homme et un compositeur né russe à Saint-Petersbourg et mort américain. Si vous ne connaissiez pas ce personnage unique en son genre, je vous conseille de vous documenter ! Slonimsky fut le dédicataire de Ionisations de Varèse, et John Adams a composé une pièce d’orchestre Slonimsky's Earbox pour le saluer, créée en 1996.

BREF. Vive Londres et vivent les Anglais !


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Un précieux documentaire sur le chef d’orchestre Paul Kletzki

Extrait des archives de la Radio-Télévision Suisse. Passez trente minutes émouvantes en compagnie du grand chef d’orchestre polonais Paul Kletzki, au destin aussi tragique qu’extraordinaire. Cela en vaut la peine. Et continuez la découverte par sa riche et superbe discographie.


Mikhaïl Pletnev joue des concertos de Bach et Mozart

Enregistré à Moscou le 25 décembre 2020, un concert de Mikhaïl Pletnev accompagné par l’Orchestre National de Russie sous la baguette d’Andrey Rubtsov. Au programme : Bach, Concerto n° 5, BWV 1056 et Mozart, Concertos n° 14, KV 44 et n° 24, KV 491. Grand artiste, impressionnant.


Un récital de Youri Egorov, en deux parties

Première vidéo : Carnaval de Robert Schumann
Deuxième vidéo : Sonate n°8 de Serge Prokofiev

Fauché par le SIDA en 1988 à l’âge de 34 ans, Youri Egorov était un virtuose-poète russe qui quitta l’Union soviétique dans les années 70. Sa patte unique se reconnaît dès la première note. Quelle chance de pouvoir le retrouver ici dans un récital pour la télévision allemande de 1978, même si le document a de grosses faiblesses techniques qui n’épargnent pas le son. Sa discographie disponible en ligne s’est depuis quelques temps étoffée. Elle recèle tant de moments magiques !


Martha Argerich et Lahav Shani, complices

Si vous avez un abonnement à Mezzo HD, ou que vous pouvez emprunter un code, ou regarder cette chaîne chez la voisine, je vous recommande ce concert à Tel-Aviv le 4 janvier 2020, avec l’Orchestre Philharmonique d’Israël dirigé par Lahav Shani et Martha Argerich en soliste, encore visible pendant cinq jours seulement.

Le Concerto en sol de Ravel par Martha Argerich, l’un de ses chevaux de bataille, n’est plus vraiment une rareté en vidéo, mais ce qui est formidable dans cette captation c’est la finesse, l’intelligence de la relation musicale entre la soliste et Shani, ce wonderboy épatant. Je ne crois pas que les bébés-baguette qu’on nous sort ces derniers temps soient tous de la même trempe. Egalement au programme, L’Oiseau de Feu et la Première symphonie de Paul Ben Haïm compositeur israélien né en Allemagne, qu’il quitta âgé de 36 ans en 1933. En bis Shani et Argerich, trop mignons ils sont, vous offrent deux petits quatre-mains.

Mais grouillez vous : 5 jours seulement encore pour voir ce concert. On se demande vraiment à quoi sert de retirer le replay d’un concert de musique classique si vite, qui plus est sur une chaîne payante ! Ils espèrent vendre des DVD ou quoi ? Le modèle économique de la vidéo musicale demeure assez absurde avec du “tout-gratuit” d’un côté et de pareilles aberrations de l’autre.


Maurice Gendron

Voici “Métamorphose du violoncelle”, un film de Dominique Delouche réalisé en 1961. Et, comme souvent avec les films de Delouche, grand cinéaste de la danse, une approche visuelle originale et de très belles images. Si cela vous donne envie d’entendre davantage de musique, voici la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy par Maurice Gendron en 1967 à Paris, avec au piano Christian Ivaldi :


Et j’ai crié : “Aline” pour qu’elle revienne…

Les amateurs de piano français un peu moisi ont parfois tendance à vous sur-vendre certains artistes des années 40 et 50. Le label d’archives phonographiques anglais APR développe actuellement une série consacrée aux pianistes français dont un volume dedié à Aline van Barentzen, une pianiste que j’avais du mal à situer visuellement car je ne l’ai jamais entendue en concert. J’avais assez tôt connu ses Beethoven sans être emballé.

Et bien ! la plateforme Ina Madelen à laquelle, vous le savez, je fais une réclame éhontée bien que client frustré et insatisfait, nous propose de retrouver Madame Aline en 1971, accompagnée par le grand (à tous égards) Paul Paray, dans le Deuxième concerto de Saint-Saëns. Nous sommes Salle Pleyel avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France avant sa réforme. Aline van Barentzen y joue sur piano Gaveau, ce qui ne se faisait déjà plus beaucoup, même à l’époque, et se présente à nous comme une grande dame respectable d’un certain âge, permanente en béton, trois rangs de perles et robe longue.

En début de programme, vous aurez la Suite d’orchestre de Fauré d’après Pelléas et Mélisande. Paul Paray, lui, je l’ai souvent vu en concert dans ces années-là. D’autres à mon âge faisaient le mur pour aller dans des boums ou des rallyes, moi c‘était pour écouter Pierre Dervaux ou Paul Paray ! Paray était un vieux monsieur magnifique, à la stature imposante, tel qu’on le retrouve ici, âgé de 85 ans déjà.


La nostalgie de l’industrie du disque n’est déjà plus ce qu’elle était…

Le 1er janvier 1957, la RTF présentait aux téléspectateurs un documentaire qui retrace la production, de l’enregistrement à la diffusion, d’un nouveau disque de Charles Münch enregistré en “New Orthophonic” à Boston : Roméo et Juliette de Tchaikovski. New Orthophonic, Kezaco ? On a toujours adoré dans le disque ce genre de dénominations bidon, sensées chaque fois révolutionner la reproduction sonore et apporter un orchestre dans votre F3 mal
insonorisé! Croquignol : le documentaire a été produit par le Service Cinéma du Ministère de… l’Agriculture.


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