MUSIQUE EN IMAGES (IX)

Samedi 16 janvier 2021

Petit courrier de Madame Monique C. de La Charité-sur-Loire. Elle m’écrit : “Vos vidéos sont très bien, mais moi cela ne me plait pas de les visionner sur mon ordinateur ; le son n’est pas bon et je passe déjà trop de temps à la maison devant mon PC. Je voudrais les voir sur ma télévision.
Est-ce-possible ? Comment faire si oui ?”.

Monique, c’est tout à fait possible et même recommandé. Si votre téléviseur n’est pas trop archaïque bien des solutions s’offrent à vous, que votre ordinateur soit Windows ou Mac. Pour parler de mon cas, j’ai un Mac et j’ai une Apple TV, petit boîtier qui se branche sur la télévision, et qui me permet d’accéder à toute sortes d’applications et en particulier Youtube, ce qui permet de visionner sur le grand écran tout ce que je veux. Vous pouvez aussi utiliser Chromecast de Google, c’est encore moins cher. Plutôt que de rentrer dans les détails techniques ici, je vous recommande d’aller torturer un vendeur de la Fnac, Darty ou Boulanger : ils vont tout vous expliquer, ils vendent beaucoup de ces solutions chaque jour.


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Commençons cette recension de programmes susceptibles de vous faire passer des moments étonnants couacs-que confinés, en vous rappelant que mardi prochain 19 janvier, la nouvelle production Titon et l’Aurore de Jean-Joseph Cassanea de Mondonville sera créée à huis clos depuis l’Opéra Comique, Salle Favart à Paris, et sera diffusée gratuitement et en direct sur Medici.tv à partir de 20 heures. Ce qui est troublant avec Medici.Tv c’est que ce qu’ils ont de mieux à proposer, c’est toujours ce qui est gratuit, et ça fait des années que ça dure. Bref.
Il y aura même en direct à partir de 19 heures 15, avant la diffusion, une petite causerie d’Agnès Terrier qui présentera le spectacle, en direct sur Zoom. Si vous ne pouvez pas voir le direct, le spectacle sera ensuite disponible en replay pendant 3 mois.

Cinq minutes avec William Christie, qui vous présente la production, mise en scène par Basil Twist qui a également réalisé les décors, les costumes et bien sûr les marionnettes, sa specialité.

Le site de l’Opéra-Comique met à disposition le splendide programme illustré que vous pouvez télécharger en PDF pour préparer votre soirée. Et pour commencer, lisez le “A-propos” d’Agnès Terrier de cette production sur le site de l’Opéra-Comique.


Sans transition, filez à Marseille où l’Opéra de Marseille a produit en vidéo La Bohême de Puccini à défaut d’avoir pu la présenter au public normalement.

La mise en scène, initialement confiée à Leo Nucci, a finalement été assurée par Louis Désiré. La distanciation physique des artistes sur scène aurait imposé à Leo Nucci d'adapter sa mise en scène et son dispositif scénique, ce qu’il n’a pas souhaité.

Direction musicale : Paolo ARRIVABENI - Mise en scène Louis DESIRÉ
Décors/Costumes Diego MÉNDEZ CASARIEGO - Lumières Patrick MÉEUS

Mimi Angélique BOUDEVILLE - Musette Lucrezia DREI
Rodolphe Enea SCALA - Marcel Alexandre DUHAMEL
Schaunard Régis MENGUS - Colline Alessandro SPINA
Benoit Antoine GARCIN - Alcindoro Jean-Luc ÉPITALON

C’est une production vraiment très réussie, comme souvent à Marseille, avec un plateau vocal équilibré et bourré de qualités. Vous pouvez télécharger le programme en pdf ici. Attention : vous n’avez que jusqu’au 30 janvier pour visionner cette production.

Allez jeter un œil sur le site de l’Opéra de Marseille, pour tout autre renseignement.


Lefebvre et Bianconi : rencontre de deux chics types, Salle Cortot

Il s’en passe des choses, le mardi 19 janvier au soir. Les Nuits du Piano de Patrice Morachini, elles aussi privées de public, ont décidé de rallumer les chandelles Salle Cortot et d’offrir en streaming live (on ne nous dit pas si il y aura disponibilité du différé) un “joint-recital” de piano comme on disait jadis, du jeune Clément Lefebvre et de Philippe Bianconi sous le titre “La rencontre”. Cela se passe à 19 heures sur Facebook, et il n’y pas besoin d’avoir un compte Facebook pour suivre le concert. Et c’est gratis.


J’étais en train d’écouter, en travaillant, la vidéo d’une jeune pianiste encore un peu verte mais pas mal du tout. Je n’ai pas réalisé que la vidéo de la jeune artiste était terminée et que YT avait enchaîné avec autre chose. Mais au bout de quelques minutes je me suis aperçu qu’il se passait quelque chose de très bien dans cette autre chose : les Schumann que j’écoutais avaient quelque chose de spécial, et ce spécial s’appelait Grigory Sokolov. Captation d’un concert tout récent ( 12 décembre 2020) donné à Genève à l’occasion du 75e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies. Cet enregistrement un peu sorti de nulle part ne va peut-être pas rester longtemps en ligne, alors profitez-en : 40 minutes de grand piano.


On se déplace à Boston si vous le voulez bien, avec cette captation récente du Messie de Handel, réalisée par la Handel and Haydn Society, héritière d’une tradition qui remonte à plus de 200 ans : elle est sans doute la plus ancienne institution du genre aux USA. La H+H Society chante le Messie chaque année à l’occasion des Fêtes de Noël, ici pour la 167ème fois ! Elle nous propose en vidéo la première partie de l’œuvre et l’Hallelujah. Et c’est très bien.

Interprètes : Joélle Harvey, soprano - Reginald Mobley, haute-contre - Aaron Sheehan, ténor - Sumner Thompson, baryton. The H+H Orchestra et chœurs, sous la direction de Ian Watson.

Pour info, le directeur musical de la H.H Society n’est autre que Harry Christophers, qui a publié chez Coro depuis sa nomination une vingtaine de disques avec l’ensemble et ses solistes.

H+H a débuté comme une simple société chorale fondée par des bostoniens de la classe moyenne qui aspiraient à encourager la pratique du chant dans leur cité en pleine expansion. Ils ont donné à l'organisation le nom de deux compositeurs, Handel et Haydn, pour représenter à la fois la musique ancienne du XVIIIe siècle et ce qui était alors la “nouvelle musique”, celle du XIXe siècle. Dans les premières décennies de son existence, H+H a donné les premières auditions américaines du Messie de Haendel (1818), de la Création de Haydn (1819), du Requiem de Verdi (1878) et de la Passion selon Saint Matthieu de Bach (1879). La H+H Society offre un concert chaque année le 31 décembre en commémoration de la proclamation du président Lincoln décrétant l'émancipation des esclaves dans les États révoltés.


On a appris cette semaine que l’Orchestre de la Bayrische Rundfunk s’était donné un nouveau directeur musical en la personne de Simon Rattle après le décès de Maris Jansons : hélas, ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont…
Ici on retrouve sur le site de la ElbPhilharmonie et Youtube le concert que l’orchestre donnait, il n’y a pas si longtemps, le 13 janvier 2018, avec Mariss Jansons pour célébrer le 77ème anniversaire du chef d’orchestre. Tout cela parait si loin. Au programme, Also sprach Zarathustra de Richard Strauss, et la 5e symphonie de Prokofiev.


Il y a quelques jours COUACS a publié une tribune de Convergence des Luths intitulée “De votre solidarité nous ne voulons pas”, signée de Rémy Cardinale, pianiste autant que révolutionnaire distingué. Une mission qu’il exerce au sein de l’ensemble “l’Armée des Romantiques” qu’il co-anime avec Emmanuel Balssa, Girolamo Bottiglieri, Caroline Cohen-Adad, Sébastien Renaud et quelques autres.

Rémy Cardinale dit :

“ Le positionnement artistique, donc politique — car nous n’hésitons pas à reprendre à notre propre compte la phrase de Baudelaire : « Parler d’art d’une façon partiale, passionnée, et politique » — est le résultat d’expériences empiriques, d’intuitions sensibles, puis d’études approfondies de traités, de témoignages, d’enregistrements sonores, bref de toutes sortes de sources que nous avons su lire d’une manière non orthodoxe. (…) ”

” La pratique du répertoire romantique, l’étude de son histoire, de ses traités sous le prisme volontariste de la sociologie et de la politique, nous ont amené à nous poser des questions de fond sur notre héritage culturel commun. Nous avons essayé de comprendre qui nous étions. Avec quelles lunettes nous lisions la musique du XIXe siècle. Et surtout pourquoi nous avions toujours envie de faire des choses qui nous étaient formellement interdites par nos maîtres et le milieu musical en général (glissando, rubato, changement de tempo, distorsion rythmique, justesse expressive, éloquence...) ? Étions-nous fous à lier ? Avions-nous si mauvais goût que cela ? ”

Non ! répond le musicologue Michel Faure. C’est, dit-il de « idéologie esthétique de classe ! ». Je vous recommande de visionner ce passionnant dialogue, et d’autres, entre Michel Faure et Rémy Cardinale sur la chaîne Youtube de l’Armée des Romantiques. Faut bien que les GAFAM servent au moins à quelque chose…


Nous sommes le 5 Juin 1956 devant notre poste de télévision en noir et blanc. L’émission “Cinq Colonnes à la une” d’Igor Barrère, Pierre Desgraupes et Pierre Lazareff diffuse en direct du Palais Garnier le troisième acte d’Aida de Verdi chanté entre autres par Renata Tebaldi, Rita Gorr, René Bianco et Giorgio Tadeo. À cette époque le soit-disant “duel” Callas-Tebaldi fait la joie des gazettes. L’orchestre est dirigé par Georges Sebastian. L’histoire ne dit pas pourquoi le grand chef d’origine hongroise se faire huer par le public lorsqu’il entre dans la fosse. Et puis NON, vous n’aurez pas les trompettes, comme le fait remarquer le présentateur, puisque nous sommes au troisième acte ! Pour rappel cette vidéo est extraite du site Madelen de l’INA qui vous propose une période d’essai gratuite d’un mois.


48 secondes seulement, mais… 48 secondes (colorisées) filmées en 1912 à Saint-Petersbourg. On reconnait sur la photo le violoniste Leopold Auer et Alexandre Glazounov, entourés des professeurs du conservatoire de Saint-Petersbourg à l’époque ! Merci au magazine The Strad d’avoir relevé ce document incroyable.


Voulez-vos un autre document pour l’éternité ?

Chaque année on se dit que l’immonde émission du service public “Prodiges” est pire que l’édition précédente. Voilà pourquoi il est intéressant, afin de ne point se tromper dans ses jugements, de se remémorer ces fameuses années précédentes. En ce temps-là la cantatrice Elizabeth Vidal figurait au jury, mais pas seulement : elle entendait bien payer de sa personne et de son talent. Ici, vous pourrez en juger par deux de ses interprétations mozartiennes. Cul-te.


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