SOUVENIRS : Jean-Pierre

“ Le testicule engendre l'audace. ”
( Alexis Carrel, 1935 )


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Harmonie, dirigé par Edith Walter, était en ces années-là le grand concurrent de Diapason, dirigé par Georges Cherière. Quand a été créé Le Monde de la Musique, troisième larron créé en joint-venture par Le Monde et Télérama, et dirigé par Anne Rey, sans doute pour créer la confusion, Harmonie a rajouté sur sa couverture la mention : “Le Monde Musical” !

Dans Le Monde du 10 novembre 1978, on pouvait lire cette brève :

Un groupe de femmes musiciennes proteste, dans une lettre adressée à M. Jacques Chirac, maire de Paris, et communiquée à Mmes Monique Pelletier, ministre délégué à la condition féminine, et Nicole Pasquier, secrétaire d'État chargé de l'emploi féminin, contre les propos de Jean-Pierre Wallez, chef de l'Ensemble orchestral de Paris, qui a déclaré au Matin de Paris le 3 novembre qu'il ne souhaitait pas la présence de femmes dans sa formation. Les femmes, disait-il, n'ont pas la même approche de la musique, ni la même qualité de son que les hommes, sauf exception, et je préfère travailler avec les hommes. Les signataires jugent cette discrimination inadmissible et “incompatible avec la légalité la plus élémentaire ". Interrogé par l'A.F.P., Jean-Pierre Wallez a cependant précisé que : “ les futurs concours de recrutement seront ouverts à tous candidats, hommes et femmes. ”

En tombant sur par hasard cette archive, je me suis souvenu avoir fait partie de la joyeuse bande de contestataires qui protesta bruyamment à l'un des premiers concerts de l'Ensemble Orchestral de Paris, au Théâtre de la Ville, contre les déclarations de notre grand violoniste et chef d’orchestre. Pas de doute, ma conscience féministe était donc en éveil très avant la naissance d’Aliette de Laleu.


Une grande partie des disques de Jean-Pierre Wallez ont été récemment réédités en un seul coffret, et ce n'est pas rien. On le redécouvre en 15 heures de musique, de Vivaldi et Leclair à Hindemith et Strawinsk, en passant par Mozart, Beethoven, Fauré, Britten … et même le concerto “Souvenance” de François Rauber.

Wallez a aussi publié récemment ses souvenirs qui reprennent le titre du concerto de Rauber qu’il avait créé et enregistré:

Et au-delà de cette petite taquinerie, j'invite les curieux à s'intéresser aux programmes très originaux et variés tels qu’ils étaient proposés par l’Ensemble Orchestral de Paris sous la direction de Wallez — orchestre rebaptisé depuis en Orchestre de Chambre de Paris. Une originalité et une variété dont on en rêverait, aujourd’hui.

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