La semaine dernière a été marquée par deux parutions importantes de musique symphonique qui s’inscrivent dans une tendance éditoriale forte : la redécouverte des œuvres de compositrices de toutes nationalités et de toutes époques. Commençons par l’intégrale symphonique de Dora Pejačević qui noius vient de Weimar.
Du très intéressant label allemand Audite — l’un de mes préférés ces dernières années, tant par ses belles nouveautés (qui témoignent d’une véritable « ligne » éditoriale) que par ses rééditions passionnantes —, nous recevons l’intégrale symphonique de la compositrice croate Dora Pejačević (1885-1923). Elle est interprétée par la Staatskapelle Weimar sous la direction de l’excellent Ivan Repušić, qui est à la fois le directeur de l’orchestre et de l’Opéra de Weimar. Rappelons que la Staatskapelle Weimar est l’un des plus anciens orchestres au monde ; ce n’est pas rien : Liszt en fut le chef et y créa Lohengrin en 1850, ainsi que plusieurs de ses poèmes symphoniques.
Née au sein de la haute noblesse croate, Dora Pejačević fut une musicienne précoce, formée à Zagreb, Dresde et Munich, qui a très tôt refusé de limiter son talent aux salons mondains. Elle était animée par une ambition professionnelle rare à l’époque pour une femme de son rang. Elle est morte prématurément en 1923 à Munich, à seulement 37 ans, à la suite de complications liées à la naissance de son fils.
Le catalogue de Dora Pejačević comporte 58 opus et évolue du romantisme tardif vers les premières touches d’impressionnisme. Nous découvrons ici un répertoire extrêmement émouvant, original et d’une écriture parfaitement maîtrisée, à écouter absolument. Si l’on connaissait déjà certains de ses disques de musique de chambre, sa musique symphonique est sans doute la plus marquante : sa symphonie et son concerto sont de véritables chefs-d’œuvre.
Voici donc la première intégrale de ses œuvres symphoniques, réunie en deux CD. Audite devance ainsi le label Chandos, qui avait fait paraître récemment un disque comportant seulement le Concerto pour piano en sol mineur, op. 33 (1913) et la monumentale Symphonie en fa dièse mineur, op. 41. On retrouve ces deux œuvres majeures chez Audite, complétées par :
Verwandlung op. 37b : Métamorphose op. 37b
Liebeslied op. 39 : Chant d’amour op. 39
Zwei Schmetterlingslieder op. 52 : Deux chants des papillons op. 52
Phantasie concertante d-Moll op. 48 : Fantaisie concertante en ré mineur op. 48
Ouvertüre d-Moll op. 49 : Ouverture en ré mineur op. 49
Nocturne Cis-Dur op. 50/1 : Nocturne en do dièse majeur op. 50/1 (Arrangement d’Igor Kuljerić)



