Trois gentilles nouveautés pour commencer :
Né en Suisse d’un père allemand, Joachim Raff était un autodidacte dont le talent fut repéré par Mendelssohn et Franz Liszt. Il devint l’assistant de ce dernier à Weimar où, brillant, il joua un rôle important dans l’orchestration des premiers poèmes symphoniques de Liszt. Ses relations avec Wagner furent compliquées. De son vivant, la gloire de Raff fut immense : il était parfois plus joué que Wagner ou Brahms dans les années 1870. Mais elle s’est effondrée après sa mort, victime de la polarisation de la musique allemande : les partisans de Wagner le trouvaient trop conservateur, tandis que les partisans de Brahms le trouvaient trop proche des modernistes de Weimar. Son œuvre est énorme et très variée (onze symphonies, des opéras, de la musique de chambre) et elle est redécouverte peu à peu grâce au disque depuis le début des années 1990.
L’opéra-comique Dame Kobold, que publie Naxos, date de 1869. Le livret s’inspire d’une comédie de cape et d’épée signée Pedro Calderón de la Barca. L’intrigue se déroule à Madrid et suit les péripéties de Donna Angela qui, pour échapper à la surveillance étouffante de son frère Don Juan, utilise un passage secret afin de hanter la chambre de l’invité, Don Manuel, se faisant passer pour un esprit follet… C’est une œuvre vraiment charmante. Vivement conseillé !Petite vidéo promo :
Orchid Classics fait paraître un album qui célèbre la relation entre Benjamin Britten et Arthur Oldham, son seul élève privé, à l’occasion d’un double anniversaire en 2026 marquant les cinquante ans de la mort du premier et le centenaire de la naissance du second. Les Parisiens se souviennent sans doute qu’Arthur Oldham fut le fondateur et le chef du Chœur de l’Orchestre de Paris entre 1976 et 2002, à la demande de Daniel Barenboim. À partir de 1994, il s’est consacré exclusivement à cette formation. Oldham était aussi compositeur, un compositeur resté dans l’ombre de sa propre renommée en tant que chef de chœur exceptionnel.
Le programme s’ouvre sur le Te Deum de Britten, dans sa version orchestrée pour harpe et cordes, et la Serenade pour ténor, cor et cordes. La seconde partie du disque explore le catalogue d’Oldham avec Remember, O Thou Man, une œuvre polyphonique au style volontairement archaïque, et la cantate Laudes Creaturarum, basée sur le texte de saint François d’Assise. Enfin, le Sacerdos et Pontifex complète ce disque qui veut réhabiliter la stature de compositeur d’Oldham, à l’ombre de son mentor…
Le Quintette à deux violoncelles et la Sonate Arpeggione figurent au programme de ce nouveau disque d’Emmanuelle Bertrand, en compagnie du Quatuor Parisii et de Pascal Amoyel. À l’écoute, sans doute pour plaire aux algorithmes des plateformes, on doit d’abord traverser pas mal de transcriptions pour violoncelle et piano de lieder de Schubert (certes, agréables…) avant d’accéder aux œuvres originales, qui constituent le vrai défi de l’entreprise. C’est énervant. J’ai été davantage séduit par l’Arpeggione que par le Quintette, qui m’a paru moins remarquable, au sens propre.
L’anthologie “The Many Pupils of Antonín Dvořák” (Supraphon, SU 4366-2), parue récemment est une exploration de l’héritage pédagogique de Dvořák au Conservatoire de Prague, qui comporte des pièces de Josef Suk, Oskar Nedbal, Julius Fučík, Jaroslav Kocian, Rudolf Karel, Vítězslav Novák et les figures plus rares de Vojtěch Kuchyňka, Adolf Piskáček et Arnošt Praus. À noter que Oskar Nedbal n’est enrosi me so rien un pseudonyme ! D’ailleurs, sa Valse Triste a été à une certaine époque un tube sur Radio Classique, je crois me souvenir. Les enregistrements de cette compilation pour une fois interessante sont extraits des interprétations fameuses du catalogue Supraphon : attendez-vous, donc, à y retrouver Václav Talich, Karel Šejna, Václav Neumann, Josef Suk (le violoniste), Ivan Moravec, Jan Panenka entre autres, et la Philharmonie Tchèque, le Quatuor Vlach, le Quatuor Suk, le Quatuor Panocha… ue du bon, et de bonnes surprises avec des pièce spas toujours célèbres. Dommage, pas de livret numérique, qui semble avoir pourtant été rédigé par l’excellent Patrick Lambert dans la version physique.
L'un des grands et premiers enregistrements Erato de Katia et Marielle Labèque (1972, à ne pas confondre avec la version 1985 ) vient d’être réédité en HiRes 24/192 avec une bien jolie illustration. Dans les deux versions les pianistes étaient en compagnie de Sylvio Gualda et Jean-Pierre Drouet.
Katia et Marielle Labèque vont faire paraître bientôt un album célébrant 55 années d’enregistrements discographiques. Katia y interprète une pièce de Davod Chalmin, “Valse noire for M.”, dediée à Madonna, qui d’ailleurs fait une apparition dans le clip de promotion ! 😉 C’est l’occasion pour moi d’avoir un peu de Madonna chez COUACS INFO !



Naxos, qui a racheté le catalogue VOX, en réédite assez consciencieusement les disques, mais sans documentation. L’un des très bons pianistes chez VOX, champion de la musique française, était l’américain Grant Johannesen (1921–2005). Eleve de Egon Petri et Robert Casadesus, il a été l’un des premiers sinon le premier au monde à enregistrer l’intégrale de l’œuvre pour piano de Fauré, il était l’ami de Poulenc dont il a beaucpup défendu les œuvres aux États-Unis. Et il a aussi souvent joué Paul Dukas (la grande Sonate !) et Roussel. Il m’avait echappé que Grant Johannesen avait été l’époux de la grande Zara Nelsova. CBC a publié un album qui contieint certaines de leurs interprétations. Ensuite, ils ont divorcé : il n’y a pas d’amour heureux ! Vous trouverez derrière ce lien la plupart des enregistrements du grand Grant Grant Johannesen.

Tiens, puisque nous évoquions Katia et Marielle Labèque un peu plus haut, leurs confrères Alfons (1932–2010) et Aloys (1931–2017) Kontarsky font l’objet d’un coffret physique de 18 CD que leur consacre DG, et c’est justice. Ces deux-là étaient des instrumentistes absolument incroyables et ils occupent une place monumentale dans l'histoire de la musique moderne au XXe siècle. Pionniers, ils ont été des interprètes de référence pour l'avant-garde européenne, transformant le duo de pianos en laboratoire sonore. Ils ont assuré la création mondiale d'œuvres devenues des piliers du répertoire (Zimmermann, Kagel, Berio) ; mais c’est avec Stockhausen que leur collaboration a été la plus étroite. Les albums individuels qui composent ce coffret vont paraître peu à peu nous dit-on sur les plateformes de streaming. Quelques-uns sont déjà disponibles, soit dans des rééditions antérieures soit sous leurs pochettes originales. Après la mort prématurée de son frère, Alfons a enregistré quelques disques en solo, et j’aime beaucoup les deux albums Lotus (Schubert et Beethoven). Le coffret sera le cadeau idéal à offrir à votre petit neveu qui kiffe Sofiane Pamart ; ça va le choquer un peu !
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