COUACS HEBDO N°2

Chaque dimanche matin, rien que des choses vraies sur la musique classique.

“ Le modèle de l’abonnement pour vendre de la musique, c’est la banqueroute. ”

Voilà ce qu’a déclaré un jour de décembre 2003 Steve Jobs au magazine Rolling Stone, quelques mois après avoir lancé le iTunes Store. On pourrait à ce stade lui donner raison, au moins pour le classique et les répertoires culturels, les producteurs indépendants et les artistes. Pas trop pour les grandes plateformes, ou les majors : elles ont les reins solides, et de la patience.

Une série d’articles COUACS racontera toute l’histoire, et pointera les indispensables correctifs dont il faudra se saisir, afin que les promesses de la musique numérique soient enfin tenues, et que les producteurs et artistes en reçoivent un jour juste rémunération, non seulement pour survivre, mais aussi pour réaffirmer l’utilité même du producteur, dont le meilleur pouvoir est de dire “non” à un projet discographique.


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Cela fait quinze ans que la transition du “disque” classique vers le numérique devrait être largement engagée et aurait due être promue par ses acteurs. Et négociée pour aboutir à un modèle économique acceptable. L’adoption précoce de la musique en ligne par les amateurs de musique classique — téléchargement puis streaming — aurait tenu à peu de choses. Mais les plateformes de streaming se préoccupent comme d’une guigne du classique, quand les premiers concernés, les producteurs de musique classique enregistrée, ont très tôt fait le choix de ne surtout rien faire, et de laisser faire.

Les inventeurs du streaming musical n’étaient pas de grands mélomanes. Je parle du streaming à la manière des années 2000, pas celui des années 1880. J’aime bien cette histoire : car oui, le streaming existait bel et bien en 1880, quand le Théatrophone a été inventé. Et parmi ses early adopters on trouvait Marcel Proust, qui écoutait Debussy et Wagner en robe de chambre dans son salon. Et donc le streaming n’avait pas si mal commencé pour le classique !

120 ans plus tard, l’un des petits génies français du streaming des années 2000 l’a raconté : il ne s’agissait pas pour lui d’écouter Les Maîtres chanteurs, ou Pelléas !
“ À la base, moi, ce que je voulais, c’était seulement faire des playlists pour sonoriser les barbecues familiaux ”. L’un des poncifs visuels les plus redoutables utilisé sans cesse par les graphistes des services de streaming aura été cette image […]

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“ Ce ne sont que quelques disques... “

Les divers services de streaming se voient livrés chaque mois de quelque quatre cents nouveautés classiques ! Face à cette abondance, les espaces de présentation sont limités sur les plateformes de musique en ligne. Les mises en avant éditorialisées sont souvent dictées par les impératifs commerciaux, ou par les goûts singuliers des sélectionneurs qui, tout comme l’étaient dans les magasins les meilleurs vendeurs, à défaut d’être bien payés se vengent en poussant leurs obsessions : ils auraient bien aimé être Directeurs artistiques, si on avait voulu d’eux. Voilà pourquoi grand nombre de réalisations qui mériteraient l’attention à des titres divers passent à la trappe. La découverte même de ces nouveautés s’y avère aussi hasardeuse que la chasse aux œufs dans le jardin à Pâques.

Le vendredi a été fixé depuis quelques années comme le jour principal des sorties de nouveautés pour la plupart des maisons de disques.

Et le vendredi sera donc ici chez COUACS, si vous le souhaitez, votre rendez-vous avec une sélection singulière de nouveautés. Cette sélection est réalisée dans la plus totale subjectivité, et sans la moindre volonté d’exhaustivité !

LES DISQUES DE LA SEMAINE


Françoise à la maison [vidéo]

Mon amie Françoise Thinat a donné il y a presque un an (déjà) un récital Salle Gaveau.
Cette personne, assez incroyable à tous égards, a eu plusieurs vies. Qui plus est pour son âge, qu’on ne révélera pas, elle est fantastique. La voilà, captée dans un récital complet à la maison, parce qu’elle s’est trouvée privée d’un récital en Pologne à cause de ce satané COVID. Non mais !

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Également publié cette semaine sur COUACS :

La tragédie de la musique française
Vous êtes juif, Lang Lang ?
Passéiste, moi ?
Les vidéos du samedi (1)