La fougue de Nour Ayadi, la sagesse un peu BCBG de Claire-Marie Le Guay et la fraîcheur d’Hélène Fouquart : trois nouveautés-piano, un banc d’essai tout personnel.
Nour Ayadi : “Ombres et visions”
Chez Scala Music, on retrouve la jeune pianiste marocaine Nour Ayadi avec toutes les qualités qui ont fait dresser l’oreille dès son apparition, lorsqu’elle a remporté le Prix Alfred Cortot. Il y a de l’amour dans son jeu, une belle sonorité et une jouissance évidente à s’ébrouer dans la musique. Ce nouveau disque « crève l’écran » et donne envie de l’entendre en récital, car les facultés dont elle témoigne ne peuvent avoir été inventées pour le studio. Sous un de nos jours inévitable titre-concept, Ombres et visions — assorti d’un texte de présentation un peu chantourné et d’une pochette moyennement attractive, on découvre un programme solide
Bach / Busoni : Chaconne de la Partita n° 2 en ré mineur, BWV 1004 ; Nun komm, der Heiden Heiland, BWV 659.
Busoni : Sonatina n° 2, BV 259.
Schubert / Liszt : Gretchen am Spinnrade, S. 558/8.
Liszt : Étude d’exécution transcendante n° 12 « Chasse-neige » ; Nuages gris (Trübe Wolken), S. 199 ; Bagatelle sans tonalité, S. 216a ; Après une lecture du Dante : Fantasia quasi Sonata.
Recommandé !
Claire-Marie Le Guay : Bach
Chez Mirare, voici un nouveau disque Bach signé de Claire-Marie Le Guay. Que dire ? Ce n’est pas mauvais, mais c’est un peu « standard ». La faute aussi mais pas seulement à une prise de son ou à un piano un peu métallique. Difficile à dire ce qui n’emballe pas. Rien de honteux, mais rien de marquant non plus : convenable. Le programme est composé d’un éventail de pièces et de mouvements de Bach. Pour un concert estival au chant des cigales dans un bel endroit, pourquoi pas. Mais pour un disque ? Peut-être la carte postale -souvenir de ladite soirée.
Hélène Fouquart : Bach & Schumann
Chez Sirène Records, voici un premier disque un peu particulier de la jeune pianiste française Hélène Fouquart. Je dois mentionner ( quel cumulard !) que j’ai contribué à sa réalisation, pour donner un coup de main au jeune label qui l’a produit, installé à Avranches, face à la baie du Mont-Saint-Michel, dans un lieu délicieux : la Maison de la Sirène, la plus vieille demeure de la ville (XVème siècle), transformée en café-concert classique par un couple de musiciens. On y trouve pas moins de quatre pianos de concert anciens : deux Bechstein, un Petrof et un Blüthner ! C’est sur l’un des Bechstein qu’Hélène Fouquart a choisi d’enregistrer son programme : la Deuxième Partita de Bach (BWV 826) et les Davidsbündlertänze de Schumann. On y entend une musicienne-née qui donne à son enregistrement les atours et les qualités d’un concert. Elle apprivoise avec talent les contraintes de l’instrument ancien pour le faire magnifiquement résonner et ce que j’aime chez elle c’est la finesse, la sensibilité et ce qui passe pour un gros mot dernièrement quand on sirt un disque : la modestie. Je ne servirai à rien si je ne recommandais pas ce disque ? Sur toutes les plateformes, comme les deux autres.




