[Au courrier de COUACS] - 1 - "Ah comme vous êtes courageux de dénoncer tout ça !"

COUACS entretient une correspondance de plus en plus fréquente avec ses lecteurs. On croule sous les encouragements en privé et les : "Ah, comme vous êtes courageux de dénoncer tout ça ! C’est bien fait pour lui, vous avez raison ce mec est insupportable, vous devriez aussi dénoncer mon collègue, qui vend du beurre au Conseil régional de *** ”.

De temps en temps on reçoit aussi, comme un critique de disques ordinaire, une telle sollicitation :

Le jeu. 18 févr. 2021 à 09:30, <***> a écrit :

Cher Yves Riesel,

Je me permets de vous contacter afin de vous présenter mon nouveau CD *** sorti le ** janvier dernier chez le Label ***

Directrice artistique et pianiste de *** je réalise également les arrangements musicaux. *** converge vers l’idée de synthèse musicale et veut décloisonner «Musiques», musiciens et publics. A la croisée du baroque et du jazz, il mêle également différentes formes d’improvisations et cherche à abolir les frontières musicales et stylistiques. Notre quintet atypique crée une symbiose entre ces genres et ces pratiques et ouvre la musique du passé au contexte actuel.    

*** premier album, utilise des œuvres de J.S Bach comme terreau d’inspiration.  

Pour l'écoute, voici le lien privé de l’album sur soundcloud : ***

Vous trouverez également en pièce jointe le communiqué de presse.  

Nous vous remercions de l'intérêt que vous porterez à cet album et serions heureux de vous en envoyer un exemplaire. A cet effet, merci de bien vouloir nous communiquez l'adresse où vous le faire parvenir.  

Bien à vous,   

[ *** ]


Chère Madame, 

J'écouterai votre disque avec attention. Merci. Toutefois, pour vous dire la vérité, tout en étant à titre personnel un adepte du crossover, merveilleux quand il est réalisé avec panache et talent, je ne saurais vous rejoindre sur cette tarte à la crème qui viserait à vouloir "abolir les frontières musicales et stylistiques" et à "créer une symbiose entre ces genres et ces pratiques [et à ouvrir] la musique du passé au contexte actuel".

Je crois que la musique du passé s'ouvre très bien toute seule, au minimum au prix d'un simple apprentissage à l'écoute qui est, selon moi, la clé de la découverte, et permettrait à tant de gens d'y accéder. Le "contexte actuel" quant à lui, me semble déjà suffisamment pénible pour ne pas y rajouter des malheurs inutiles. Ce bon vieux Bach a déjà tant fait à l'avance il y a longtemps, pour tenter de nous rendre heureux.

Bien cordialement à vous,